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10/05/2008
Maurice, plantons le décors
Bon z'alors !
Je reprends ma plume en forme de clavier.
Mon dernier post remonte à une semaine, j'arrivais à Maurice dans des conditions particulières, à l'arrache, comme d'hab, tout en confiance et en détente.
La vie me montre qu'à chaque fois, j'ai raison de lui faire confiance.
Je suis donc arrivé chez ma cousine finalement.
Je lui avais envoyé un mail, juste avant mon départ, qu'elle a eu.
Dans l'avion, j'avais trouvé une adresse d'hôtel auprès d'un homme d'une trentaine d'années, riche comme peut l'être un représentant de fringues "in" à Paris, il en avait tout à fait l'air. Il promenait sa toute nouvelle poule malgache manifestement. Bref, il me donne un nom, le Méridien, ok, je note. A la vue du type, je prends un autre renseignement auprès de l'hôtesse, elle me donne un nom de ville Mahebourg, proche de l'aéroport.
Il s'avérera plus tard que le méridien est un des hôtels le plus chers de Maurice, situé à deux heures de voiture de l'aéroport.
Donc, me voici à l'île Maurice, je sorts de l'avion, Ufff. Une chaleur humide m'enserre complètement. Rien à voir avec Tana. Bon aller, une petite séance de béquilles, et une.
Je récupère mon sac, vite, tout est rapide, pas de visa, nikel. Je sorts de l'aéroport et là, message de la cousine affolée (hihi, pardon Nadine), t'es où, t'es où arg urg irf, mais t'es où !
Bon je la rappelle, Nelson, le mari de Nadine passera me prendre dans 30 minutes, NE BOUGE PLUS, m'ordonne-t-elle ! J'ai failli presque rester debout avec mes deux sacs en bandoulière, tellement elle est convaincante la cousine.
Nelson passe me prendre, déjà, il a l'air gentil. Je me dirige vers la place passager. Oups, il y a un volant, ici, la conduite est à droite.
Nous discutons sur le trajet d'une trentaine de minutes qui nous mène jusqu'à la maison, à Tamarin.
Nelson est directeur financier d'un groupe sucrier, nous parlons business, opportunités, situation et ouverture économique. Tout cela est très intéressant.
Nous passons devant le rond point Phœnix, eu centre duquel s'érige l'oiseau de feu, symbole de la marque de bière locale du même nom. Très rafraîchissante boisson.
Nous arrivons. Le portail s'ouvre, une forme se meut au loin, tenant une autre forme qui s'agite, c'est Nadine qui tient Picasso, le jeune boxer tout fou de la famille.
Premiers mots de la cousine :
"Alors il est sympa ou on le vire tout de suite !"
Le reste du séjour se fera sur le même ton. Nadine est une femme adorable, avec un ton très franc et qui charrie tout le temps. Une fois qu'on capte le truc, c'est très marrant et au moins, on sait à quoi s'en tenir.
Le premier jour, nous allons tous ensemble chercher la nouvelle voiture de Nadine, une clio. Elle est très contente de pouvoir avoir une voiture à nouveau, et c'est une chance pour moi également. Nous parcourrons 357 kms ensemble au 4 coins de l'île.
Maurice est étonnante de diversité, beaucoup d'indiens, des blancs, des noirs, des chinois, enfin un peu de toutes les couleurs et cultures. C'est très agréable.
Les locaux parlent créole, une langue proche du français, une sorte de français populaire, très logique dans sa simplification. L'accent est super sympa.
Je comprends la moitié au 3/4 de ce qui se dit en créole entre créoles, parfois, il faut se refaire la phrase dans la tête pour retrouver les mots, un peu bouffés.
Bref, tous les matins, Nelson me serre la main en me disant "Qué pozicion", qui veut dire, comment ça va, quoi de neuf...
J'ai eu un choc, très bête, au moment d'acheter la voiture de Nadine. La vendeuse est une blanche, avec un look très métropolitain. Au moment où elle ouvre la bouche, je me rends compte des à priori inévitables. Elle parle créole avec un accent encore plus prononcé que Nadine et Nelson, c'est très déstabilisant, vraiment.
Après cet épisode, nous allons manger un rôty. Non, non, il ne s'agit pas d'un rôti, comme nous le connaissons. Nous arrivons près d'une gargotte ambulante où 4 personnes se tiennent debout dos à dos, chacun son poste.
Le roty est une sorte de galette, dans laquelle on met une cuillerée de brêdes, une de curry, une de piment, une d'une autre sauce dont je n'ai pu définir la proximité. Nous nous asseyons au soleil, en famille. La maman de Nadine est là, c'est elle ma cousine germaine, Nadine est en fait ma petite cousine. Nous avons les mêmes arrière-arrière grand-parents, nos arrière grand -parents étaient frère et sœur.
Xavier Didier de Saint Amand de mon côté, premier juriste de l'île Maurice, planteur et maître de la grande loge de franc-maçonnerie.
Marie Didier de Saint Amand, mariée à un Guilbaut.
Son fils a épousé une esclave affranchie, d'où le métissage de la maman de Nadine.
Marie, sa belle fille et une autre femme de la famille sont enterrées à Maurice, les photos de la tombe toute retournée en sont le témoignage. Nadine va s'occuper de faire refaire le caveau.
Mon arrière grand-père Xavier est donc parti de Maurice pour Madagascar avec ses enfants, dont Roger Didier de Saint Amand, mon grand-père, lui, mort et enterré à Antananarivo, où est née ma maman.
Une pensée me revient. Nous visitions l'aventure du sucre, très chouette musée qui retrace l'histoire de l'île, de l'esclavage et de la culture du sucre. A ce moment là, je réalise l'ironie du sort. Je suis avec Nadine, elle, descendante de colons, et d'esclaves. Moi, fils de colons voyageurs et exploitants. Nous sommes aujourd'hui ensemble, au même niveau de vie, libres.


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